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Faux achat à annuler : pourquoi il ne faut pas rappeler le numéro

Par Ethan, Analyste cyber-fraude · spécialiste ingénierie sociale 8 min de lecture
Personne tenant une carte bancaire et un téléphone devant un ordinateur portable
En bref

Plusieurs signalements reçus les 18 et 19 août 2026 décrivent de faux achats à annuler, avec des marques usurpées comme BUT, Cetelem, Crédit Mutuel ou Canal+. Le piège consiste à vous faire rappeler le numéro écrit dans le message, puis à vous demander un code, une validation ou un virement. Ne répondez pas au message : vérifiez depuis votre application, le numéro au dos de votre carte ou le site officiel tapé à la main.

Le message commence par un achat que vous n'avez jamais fait

Le 19 août 2026, une personne nous a transmis un courriel qui prétendait confirmer un achat chez BUT. Le message affichait le logo Cetelem, annonçait un mobile à 1 517 €, puis demandait de rappeler un numéro pour annuler l'opération. Le même jour, un second signalement a décrit le même scénario, avec la même enseigne usurpée et le même réflexe demandé : appeler vite.

Le 18 août, nous avions déjà reçu une description presque identique. La personne expliquait avoir reçu un mail pour annuler un achat chez BUT qu'elle n'avait pas fait, avec un logo Cetelem et une provenance floue. Nous ne pouvons pas affirmer que ces trois messages viennent du même groupe. Nous pouvons seulement dire ce que nos signalements montrent : en deux jours, trois personnes ont décrit le même thème, la même marque usurpée et la même mise en scène.

Ce n'est pas votre faute si ce type de message vous fait réagir. Il est construit pour provoquer une alerte immédiate. Vous ne lisez pas une publicité. Vous lisez une fausse urgence financière.

La variante bancaire reprend exactement le même ressort

Dans nos signalements récents, le faux achat ne se limite pas aux magasins. Le 19 août 2026, une personne a signalé un message qui se présentait comme venant du Crédit Mutuel. Il annonçait un prélèvement de 890,99 € et demandait de contacter le 07 56 83 94 40 si la personne n'était pas responsable de la transaction.

Le 9 août, un autre signalement citait un SMS au nom du Crédit Mutuel : « Votre paiement de 789,10 EUR a été traité. Si vous ne reconnaissez pas cette transaction, signaler l'incident sans délai au 07 56 85 17 63 ». Là encore, Stop Arnaque ne dit pas que le Crédit Mutuel est en cause. Nous constatons seulement que son nom et son logo sont usurpés dans les messages reçus.

Le piège est simple. Le message ne cherche pas d'abord à vous faire cliquer. Il cherche à vous faire appeler. L'escroc veut que vous entriez vous-même dans la conversation, parce qu'une voix calme peut ensuite vous guider, vous rassurer et vous demander une action dangereuse.

Pourquoi le numéro de rappel est le cœur de l'arnaque

Un vrai service bancaire peut vous contacter pour vérifier une opération. Mais il ne vous oblige pas à rappeler le numéro écrit dans un message alarmant. Cette différence est essentielle. Le numéro fourni dans le SMS ou le courriel devient le poste d'accueil de l'escroc.

Une fois l'appel lancé, la personne au bout du fil peut reprendre les codes d'un service client. Elle peut demander votre nom, confirmer le montant affiché dans le message, parler de sécurité et utiliser un vocabulaire rassurant. Tout cela ne prouve rien. Un escroc préparé peut paraître poli, compétent et même protecteur.

Dans les cas que nous avons reçus, les montants ne sont pas choisis au hasard. 789,10 €, 890,99 € ou 1 517 € sont assez élevés pour faire peur, mais assez plausibles pour ressembler à un vrai achat. Le but n'est pas d'être spectaculaire. Le but est de vous faire penser : « Je dois régler cela maintenant ».

Ce que l'escroc espère obtenir pendant l'appel

Le message de départ sert d'appât. L'appel sert à obtenir l'action qui coûte réellement de l'argent. Selon les signalements que nous recevons sur ce type de scénario, l'interlocuteur peut demander un code reçu par SMS, une validation dans l'application bancaire, un virement vers un compte présenté comme sécurisé, ou les chiffres d'une carte bancaire.

Il peut aussi vous demander d'installer un outil de prise en main à distance. Si cela arrive, raccrochez immédiatement. Aucun service bancaire sérieux n'a besoin de voir votre écran pour annuler une opération. Aucun vrai conseiller ne doit vous demander de lui dicter un code de validation. Ce code n'annule pas l'opération. Il peut au contraire l'autoriser.

La phrase à garder en tête est très simple : on ne sécurise jamais un compte en transférant l'argent ailleurs. Un « compte de sécurité » proposé au téléphone n'est pas un refuge. C'est souvent le compte de destination de l'escroquerie.

Les marques citées ne sont pas les coupables

Les messages récents mentionnent BUT, Cetelem, Canal+, Crédit Mutuel ou le CIC. Cela ne signifie pas que ces entreprises ont envoyé les messages. Dans les signalements internes consultés pour cet article, ces noms apparaissent comme des marques usurpées, pas comme des sources confirmées de l'envoi.

Cette précision protège deux choses à la fois. Elle protège les entreprises dont l'identité est reprise sans autorisation. Elle vous protège aussi, parce qu'elle évite une erreur fréquente : croire qu'un logo suffit à rendre un message officiel. Un logo se copie. Un nom d'enseigne se copie. Une signature se copie. Même une mise en page soignée se copie.

Le 18 août, deux signalements nous ont aussi décrit un faux abonnement Canal+ confirmé pour douze mois. L'un des messages évoquait 59,99 EUR et un lien pour gérer la commande. Là encore, le thème est le même : vous faire croire qu'une dépense existe déjà, puis vous pousser vers le canal choisi par l'escroc.

Les signaux qui doivent vous faire ralentir

Vous n'avez pas besoin d'être spécialiste pour repérer ce scénario. Vous avez surtout besoin d'une règle : quand un message vous presse de contester une opération, vous quittez le message et vous vérifiez ailleurs.

  • Le message annonce un achat que vous ne reconnaissez pas, puis donne un numéro à rappeler.
  • Le numéro de rappel est un mobile ou un numéro différent de celui figurant sur votre carte, votre application ou le site officiel.
  • Le texte mélange une marque de magasin et un organisme de crédit, sans adresse d'expéditeur claire.
  • Le montant est précis, inquiétant et présenté comme déjà engagé.
  • Le message contient une faute, une formulation étrange ou une urgence excessive.
  • L'interlocuteur demande un code reçu par SMS, une validation dans l'application ou un virement de sécurité.

Un seul de ces signaux suffit à faire une pause. Vous avez le droit de prendre dix minutes. Un vrai conseiller ne vous reprochera jamais de vérifier par un canal officiel.

Le bon réflexe : vérifier sans utiliser le message

Si vous recevez ce type d'alerte, ne répondez pas au SMS et ne rappelez pas le numéro indiqué. Ouvrez votre application bancaire en passant par l'icône habituelle. Regardez les opérations en attente. Si vous voyez une opération inconnue, appelez le numéro officiel de votre banque, celui qui figure au dos de votre carte ou dans l'application.

Si le message se présente comme une commande chez une enseigne, tapez vous-même l'adresse du site dans votre navigateur. Ne passez pas par le lien du mail. Si vous avez un espace client, connectez-vous directement. S'il n'y a aucune commande dans votre espace, le message était très probablement un appât.

Vous pouvez aussi chercher le numéro de rappel sur Stop Arnaque ou sur un moteur de recherche. Mais ne vous fiez pas à une absence de résultat. Un numéro peut être récent. Dans nos données du mois d'août, certains numéros apparaissent sur quelques jours seulement, puis disparaissent.

Si vous avez déjà appelé, voici l'ordre à suivre

D'abord, respirez. Vous n'êtes pas seul, et ce n'est pas une question d'intelligence. Ces scénarios sont faits pour placer une personne normale dans un état d'urgence. L'objectif maintenant est de limiter les dégâts, pas de refaire le film.

Appelez votre banque par le canal officiel. Dites clairement que vous avez reçu une fausse alerte et que vous avez peut-être communiqué une information ou validé une opération. Demandez le blocage de la carte si nécessaire, la révocation des opérations en attente et la contestation écrite de tout paiement non autorisé.

Changez les mots de passe concernés si vous avez saisi des identifiants. Activez la double authentification quand elle existe. Si vous avez installé un logiciel à la demande de l'interlocuteur, coupez Internet sur l'appareil, désinstallez l'outil, puis faites vérifier la machine. Gardez les preuves : SMS, courriel, numéro appelé, heure de l'appel, captures d'écran et relevés.

Les recours officiels, sans vous envoyer au mauvais endroit

Pour une opération de paiement non autorisée, le recours de base se fait auprès de votre banque. L'article L133-18 du code monétaire et financier prévoit le remboursement d'une opération non autorisée, sauf situation particulière que la banque doit expliquer. Demandez une réponse écrite si le remboursement est refusé.

Pour déposer plainte en ligne après une e-escroquerie, utilisez THESEE, le parcours officiel présenté sur Service-Public. Pour une fraude à la carte bancaire, Perceval est le téléservice adapté. Pour un SMS frauduleux, transférez le message au 33700. Pour être orienté après un incident numérique, utilisez 17Cyber.

SignalConso peut aider quand il existe un litige avec une entreprise identifiée. Dans un faux message bancaire ou une usurpation de marque, ce n'est souvent pas le premier canal. Pharos, lui, n'est pas le guichet général des escroqueries : il concerne le signalement de contenus illicites en ligne.

Ce qu'il faut retenir avant de supprimer le message

Le faux achat à annuler marche parce qu'il vous donne une mission urgente : empêcher une dépense. C'est précisément pour cela qu'il faut ralentir. Plus le message demande une réaction immédiate, plus vous devez sortir du canal qu'il impose.

Dans nos signalements des 18 et 19 août 2026, les exemples BUT, Cetelem, Crédit Mutuel, CIC et Canal+ montrent des habillages différents, mais le même mécanisme. Une dépense est annoncée. Un lien ou un numéro est proposé. La victime potentielle est invitée à régler le problème dans l'espace contrôlé par l'escroc.

Gardez cette méthode simple : ne rappelez jamais le numéro fourni dans une alerte, ne donnez jamais un code de validation, ne transférez jamais votre argent vers un compte prétendu sécurisé. Vérifiez toujours par votre application, votre carte bancaire ou le site officiel tapé à la main.

Vous avez reçu un message suspect ? Déposez un signalement sur Stop Arnaque en ajoutant le numéro, l'adresse mail, le texte reçu et la date. Même si vous n'avez pas perdu d'argent, votre signalement peut aider d'autres personnes à reconnaître le piège plus vite.

À retenir

  • Ne rappelez jamais le numéro indiqué dans un SMS ou un mail qui annonce un achat suspect.
  • Vérifiez toujours depuis votre application bancaire, le numéro au dos de votre carte ou le site officiel tapé à la main.
  • Un logo, une marque connue ou un montant précis ne prouvent pas qu'un message est authentique.
  • Si de l'argent est parti, contactez la banque, gardez les preuves et utilisez THESEE, Perceval, 33700 ou 17Cyber selon le cas.

Questions fréquentes

J'ai reçu un message pour annuler un achat, dois-je appeler le numéro ?

Non. N'appelez pas le numéro indiqué dans le message. Ouvrez votre application bancaire par le chemin habituel ou appelez le numéro officiel qui figure au dos de votre carte. Si le message parle d'une commande, connectez-vous au site officiel en tapant vous-même l'adresse.

Le message cite une vraie marque, est-ce une preuve ?

Non. Une marque, un logo et une mise en page peuvent être copiés. Dans les signalements utilisés pour cet article, BUT, Cetelem, Crédit Mutuel, CIC et Canal+ apparaissent comme des noms usurpés. La bonne vérification se fait toujours hors du message reçu.

Que faire si j'ai donné un code reçu par SMS ?

Appelez votre banque immédiatement par un canal officiel. Expliquez que vous avez peut-être validé une opération sous manipulation. Demandez le blocage si nécessaire, la contestation écrite des paiements non autorisés et gardez le SMS, le numéro appelé, l'heure et les captures.

Où signaler un SMS frauduleux ?

Transférez le SMS au 33700. Si vous avez subi une e-escroquerie, le dépôt de plainte en ligne passe par THESEE. Pour une fraude à la carte bancaire, utilisez Perceval. Pour être orienté après un incident numérique, 17Cyber est le bon guichet.

Ma banque doit-elle rembourser une opération non autorisée ?

L'article L133-18 du code monétaire et financier prévoit le remboursement d'une opération non autorisée, sauf situation particulière que la banque doit justifier. Contactez la banque rapidement, contestez par écrit et demandez une réponse écrite si le remboursement est refusé.

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