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Vous avez été victime ?

Que garder comme preuves avant de porter plainte en ligne

Par Ethan, Analyste cyber-fraude · spécialiste ingénierie sociale 7 min de lecture
Personne triant des documents et des notes devant un ordinateur portable
En bref

Après une arnaque, gardez les messages, captures, liens, reçus, relevés et récépissés avant de supprimer quoi que ce soit. Écrivez une chronologie simple avec les dates, les montants et les canaux utilisés. Utilisez THESEE, Perceval, 33700, SignalConso ou 17Cyber selon la situation. Pour la banque, contestez vite et gardez une trace écrite de chaque échange.

Le bon réflexe commence avant le signalement

Une personne vient de payer sur un faux site. Une autre a donné ses codes après un message pressant. Une troisième a envoyé une copie de sa carte d'identité à un inconnu. Dans ces moments, le premier réflexe est souvent de tout fermer, de supprimer les messages et d'essayer d'oublier. C'est humain. Le choc, la honte et la colère prennent beaucoup de place.

Pourtant, les premières minutes comptent. Pas parce que vous devez devenir enquêteur. Ce n'est pas votre rôle. Elles comptent parce que les preuves les plus simples disparaissent vite : une page web, une annonce, un SMS, une adresse de paiement, un numéro qui s'efface dans le journal d'appel, une conversation que l'escroc supprime. Garder ces éléments ne garantit pas un remboursement. En revanche, cela rend votre récit plus solide auprès de la banque, de la police, de la gendarmerie, d'une plateforme de signalement ou d'un médiateur.

Ce qu'il faut capturer tout de suite

Commencez par ce qui peut disparaître. Faites des captures d'écran du message initial, de la page qui vous a convaincu, du panier, du formulaire, de l'annonce, du profil, de la conversation et de la confirmation de paiement. Si le piège vient d'un SMS, gardez le SMS entier avec le numéro affiché, la date et l'heure. Si le piège vient d'un appel, notez le numéro, l'heure, la durée et les phrases importantes. Si l'arnaque passe par un site, copiez l'adresse complète depuis la barre du navigateur, pas seulement le nom affiché.

Ne modifiez pas les images. Ne les recadrez pas trop. Une capture large, avec l'heure du téléphone ou l'URL visible, vaut souvent mieux qu'une image jolie mais incomplète. Si vous devez masquer une donnée sensible pour l'envoyer à un proche, gardez aussi une version originale dans un dossier séparé.

Le journal simple qui évite les oublis

Écrivez une chronologie courte. Elle peut tenir dans une note sur votre téléphone. Indiquez la date du premier contact, le canal utilisé, le nom affiché par l'interlocuteur, la somme demandée, la somme payée, le moyen de paiement et ce qui vous a fait confiance. Ne cherchez pas à écrire parfaitement. Cherchez à écrire maintenant, pendant que les détails sont frais.

Cette chronologie aide à ne pas mélanger les étapes. Elle aide aussi à parler à votre banque sans repartir de zéro à chaque appel. Service-Public rappelle, par exemple, que pour une fraude à la carte bancaire, la démarche Perceval demande de préparer plusieurs informations, dont le numéro d'opposition, le numéro de carte et les relevés bancaires. Le récit clair ne remplace pas ces pièces. Il les relie entre elles.

Les preuves de paiement à conserver

Gardez tout ce qui montre le mouvement d'argent. Pour une carte bancaire, conservez le relevé où apparaît le débit, la confirmation de commande, le reçu, le nom du bénéficiaire affiché et toute demande de validation. Pour un virement, gardez l'IBAN destinataire, le nom du bénéficiaire, la référence du virement, la date d'exécution et la copie de l'ordre. Pour un paiement par portefeuille numérique ou par application, exportez le reçu si l'application le permet.

Ne diffusez pas ces éléments publiquement. Un relevé bancaire, un numéro de carte partiel ou un IBAN sont des données sensibles. Ils peuvent être utiles à la banque ou aux forces de l'ordre, mais ils n'ont pas leur place sur les réseaux sociaux. Si vous demandez de l'aide à un proche, envoyez une version masquée. Gardez la version complète pour les interlocuteurs légitimes.

Les messages et les liens comptent autant que le paiement

Un paiement ne raconte pas toute l'arnaque. Le message qui vous a amené vers le paiement peut être aussi important. Il montre la méthode : urgence, fausse identité, menace, promesse de remboursement, livraison bloquée, compte prétendument compromis. Gardez donc les e-mails avec leurs en-têtes si vous savez les afficher, les SMS, les notifications, les messages privés et les vocaux. Si un vocal disparaît vite dans l'application utilisée, faites une sauvegarde quand c'est possible.

Pour les SMS et appels indésirables, le service 33700 est le canal officiel de signalement du spam SMS et vocal. Cela ne remplace pas toujours une plainte, surtout s'il y a une perte d'argent, mais cela aide à faire remonter le numéro et le message. Là encore, gardez d'abord votre propre copie avant de transférer ou de signaler.

Quel service utiliser selon la situation

Si vous êtes victime d'une escroquerie sur internet, le ministère de l'Intérieur présente THESEE comme le dispositif de plainte ou de signalement en ligne pour les e-escroqueries. Il vise notamment les faux sites de vente, les piratages de messagerie et certaines extorsions en ligne. Si vos coordonnées de carte ont été utilisées frauduleusement, Service-Public oriente vers Perceval, la démarche de signalement de fraude à la carte bancaire, avec identification FranceConnect.

Si votre problème concerne une entreprise identifiable, une commande, une livraison, une garantie ou un service client, SignalConso permet de signaler un problème de consommation à l'entreprise et à la DGCCRF. Si vous ne savez pas qualifier le problème, 17Cyber sert de guichet d'orientation pour les victimes de cybermalveillance. L'important est de choisir le canal adapté au fait principal, puis de garder les récépissés.

Les signaux à ne pas supprimer

  • Le premier message reçu, même s'il paraît ridicule après coup.
  • L'adresse complète du site ou du formulaire.
  • Les captures de la page de paiement et de confirmation.
  • Le numéro de téléphone, l'identifiant de profil ou l'adresse e-mail utilisée.
  • Les reçus, relevés, ordres de virement et récépissés de signalement.
  • La chronologie des échanges, avec dates et heures.

Ces éléments ne sont pas là pour vous faire revivre l'arnaque. Ils servent à éviter que votre dossier repose seulement sur un souvenir. Vous avez le droit d'être bouleversé. Vous avez aussi le droit de vous simplifier les démarches en rangeant les preuves dans un seul dossier.

Banque : contester vite et par écrit

Si de l'argent est parti, contactez votre banque sans attendre. Faites opposition si le moyen de paiement est concerné. Demandez ensuite la marche à suivre pour contester les opérations. Service-Public indique que, pour une fraude à la carte bancaire, la banque doit rembourser les sommes débitées et les agios éventuels. Le Code monétaire et financier, à l'article L133-18, prévoit le remboursement d'une opération non autorisée au plus tard à la fin du premier jour ouvrable suivant l'information de la banque, sauf soupçon de fraude communiqué à la Banque de France.

Cette règle ne règle pas tous les cas. Un virement validé par la victime, une manipulation sous emprise ou une contestation tardive peuvent devenir plus difficiles. C'est justement pour cela que les preuves comptent. Elles montrent ce qui s'est passé, quand vous avez prévenu la banque et quels éléments ont été utilisés pour vous convaincre.

Ce qu'il vaut mieux éviter

Évitez de menacer l'escroc ou de relancer longuement la conversation. Cela peut vous exposer à de nouvelles manipulations. Évitez aussi de payer une deuxième fois pour récupérer une première somme. Les faux frais de déblocage, de douane, d'avocat ou de vérification sont une suite classique. Une fois le doute installé, stoppez les paiements et revenez vers des canaux officiels.

Évitez enfin de publier votre dossier complet en ligne. Demander conseil est légitime. Publier vos pièces d'identité, vos relevés ou vos échanges complets peut créer un second problème. Si vous déposez un signalement public ou communautaire, retirez les données personnelles et gardez les originaux pour les démarches officielles.

Un dossier propre aide aussi psychologiquement

Après une arnaque, beaucoup de victimes se reprochent de ne pas avoir vu le piège. Ce reproche est injuste. Les escrocs travaillent précisément à créer de l'urgence, de la confiance et de la confusion. Garder des preuves n'est pas un aveu d'échec. C'est une façon de reprendre la main, étape par étape.

Créez un dossier avec quatre sous-dossiers simples : messages, paiement, identité du contact, démarches. Ajoutez un fichier de chronologie. Puis avancez dans l'ordre : sécuriser les comptes, prévenir la banque, signaler au bon service, demander conseil si nécessaire. Vous n'avez pas besoin de tout régler en une heure. Vous avez besoin de ne pas perdre les éléments qui pourront vous aider demain.

Vous venez de subir une arnaque ? Déposez un signalement sur Stop Arnaque avec les captures, les dates, le montant, le moyen de paiement et les liens utilisés. Masquez vos données sensibles avant l'envoi public, mais gardez les originaux pour votre banque et les démarches officielles.

À retenir

  • Gardez les preuves originales avant de masquer des données pour demander conseil.
  • Une chronologie courte aide la banque, la plainte et les signalements officiels.
  • THESEE, Perceval, 33700, SignalConso et 17Cyber ne servent pas aux mêmes situations.
  • Ne publiez pas vos relevés, pièces d'identité ou coordonnées bancaires en ligne.

Questions fréquentes

Quelles preuves garder après une arnaque en ligne ?

Gardez le premier message, les captures d'écran, l'URL complète, les conversations, les reçus, les relevés et tout récépissé de signalement. Ajoutez une chronologie avec les dates, les montants et les moyens de paiement. Ne supprimez rien avant d'avoir sauvegardé une copie.

Faut-il porter plainte avant de contacter sa banque ?

Si de l'argent est parti, contactez d'abord votre banque pour faire opposition ou contester l'opération. La plainte ou le signalement peut suivre en parallèle. Pour une fraude à la carte, le récépissé Perceval peut être demandé par la banque.

Perceval remplace-t-il une plainte ?

Perceval sert à signaler une fraude à la carte bancaire via Service-Public avec FranceConnect. Selon la situation, il peut être complémentaire d'une plainte ou d'autres démarches. Si vous hésitez, 17Cyber peut aider à vous orienter.

Peut-on signaler un SMS frauduleux sans avoir payé ?

Oui. Le 33700 sert à signaler les SMS et appels indésirables ou frauduleux. Même sans perte d'argent, conserver le message et le transférer au bon canal peut aider à faire remonter la campagne.

Dois-je publier les preuves sur les réseaux sociaux ?

Non, pas en version complète. Les preuves peuvent contenir des données personnelles, bancaires ou d'identité. Si vous demandez de l'aide publiquement, masquez les éléments sensibles et gardez les originaux pour la banque, la police, la gendarmerie ou les services officiels.

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