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Alertes arnaques

Partage d'écran : raccrochez avant de donner le code reçu

Par Ethan, Analyste cyber-fraude · spécialiste ingénierie sociale 9 min de lecture
Ordinateur portable ouvert sur un bureau, avec téléphone et carnet à côté
En bref

Le 13 octobre 2026, un signalement Stop Arnaque décrit un ordinateur bloqué, un appel vers un prétendu support Windows ou Microsoft, une prise de contrôle à distance et une demande de code reçu sur le téléphone. Cybermalveillance.gouv.fr décrit ce mode opératoire comme une arnaque au faux support technique : l'escroc effraie la victime pour vendre un faux dépannage ou obtenir un accès. Le bon réflexe est de raccrocher, couper Internet, ne transmettre aucun code, faire contrôler l'appareil, prévenir la banque si une carte ou un paiement a été utilisé, puis demander de l'aide sur 17Cyber ou déposer plainte selon le préjudice.

Le signalement qui doit faire réfléchir

Le 13 octobre 2026, nous avons reçu un signalement qui tient en quelques phrases, mais qui résume très bien le piège. La personne explique que son ordinateur était bloqué. Elle a pensé appeler Windows ou Microsoft. Au téléphone, l'interlocuteur a pris le contrôle de l'ordinateur, puis a expliqué que l'appareil était piraté. Il a ensuite demandé le numéro qui venait d'arriver sur son téléphone, en prétendant que ce code servait à bloquer ce que les pirates avaient volé.

La personne a compris au moment de la deuxième carte demandée. Elle n'a pas transmis le nouveau code et a raccroché. Ce détail est important. Beaucoup de victimes ne voient pas le piège au premier geste, parce que tout est construit pour donner une impression d'urgence. Le signalement ne donne pas de montant confirmé. Je ne vais donc pas en inventer. Ce que nous pouvons dire, en revanche, c'est que le scénario correspond à un mode opératoire bien documenté.

Cybermalveillance.gouv.fr décrit l'arnaque au faux support technique comme une méthode qui consiste à effrayer la victime avec un problème grave supposé sur son ordinateur, puis à la pousser à contacter un faux support officiel, souvent présenté comme Microsoft, Apple ou Google.

Le piège commence avant le paiement

Dans ce type d'arnaque, le paiement n'est pas toujours la première étape visible. Le piège commence souvent par l'écran bloqué, la fenêtre qui refuse de se fermer, le message alarmant ou le numéro à appeler. Le lecteur se dit alors qu'il doit régler un problème technique. Il ne pense pas encore à une fraude bancaire.

C'est justement ce déplacement qui rend la scène efficace. La victime cherche une aide informatique. L'escroc parle de virus, de piratage, de données perdues, de compte compromis. Il installe l'idée que chaque minute compte. Quand la peur monte, le faux technicien n'a plus besoin d'être très crédible. Il doit seulement paraître disponible, calme et sûr de lui.

Le partage d'écran change ensuite la situation. Tant que l'appel reste vocal, vous gardez une partie du contrôle. Dès que l'interlocuteur voit votre écran ou le pilote, il peut vous guider pas à pas. Il peut vous faire ouvrir une application, regarder vos mails, accéder à votre banque, installer un logiciel ou valider une opération sans que vous compreniez tout de suite ce qui se passe.

Pourquoi le code reçu par SMS est le moment critique

Un code reçu par SMS, par application bancaire ou par mail ne sert presque jamais à « bloquer » une fraude. Dans la majorité des situations sensibles, ce code sert à confirmer une action : connexion, paiement, ajout de bénéficiaire, changement de mot de passe ou validation d'une opération. Quand un inconnu vous demande ce code, le danger est donc immédiat.

Le mensonge utilisé dans le signalement du 13 octobre est classique : l'escroc dit que le code sert à empêcher les pirates d'agir. La phrase rassure, parce qu'elle donne à la victime un rôle actif. Elle ne « donne » pas un code, elle pense aider à bloquer un vol. C'est exactement ce renversement qui rend la manipulation si forte.

Le bon réflexe est simple à formuler, même s'il est difficile à appliquer sous pression : un code reçu ne se dicte jamais à quelqu'un qui vous a appelé, que vous avez appelé depuis une fenêtre d'alerte, ou qui a pris la main sur votre écran. Si un vrai service a besoin de vérifier votre identité, il doit vous faire passer par son site officiel, son application officielle ou un canal que vous avez choisi vous-même.

Ce que le faux technicien voit pendant le partage

Quand vous partagez votre écran, l'autre personne peut voir beaucoup plus que vous ne l'imaginez. Elle peut lire les onglets ouverts, repérer votre banque, voir les notifications, observer les mots tapés, comprendre quelles applications sont installées et vous pousser vers les zones qui l'intéressent. Si elle a le contrôle complet, elle peut aussi cliquer à votre place.

Cela ne veut pas dire que tout est perdu dès qu'un partage a commencé. Cela veut dire qu'il faut arrêter la scène tout de suite. Débranchez le câble réseau si vous en avez un. Coupez le Wi-Fi. Éteignez l'ordinateur si vous ne savez pas comment fermer l'outil utilisé. Ne vous battez pas avec l'escroc au téléphone pour comprendre. Votre priorité n'est pas de prouver qu'il ment. Votre priorité est de couper son accès.

Ensuite, n'utilisez plus cet ordinateur pour changer vos mots de passe. Prenez un autre appareil, idéalement votre téléphone ou un ordinateur de confiance. Changez d'abord le mot de passe de votre messagerie, puis ceux de votre banque, de vos comptes marchands et de vos réseaux sociaux si vous les avez ouverts pendant la session.

Les signaux qui doivent faire raccrocher

Un faux support technique n'a pas toujours le même décor. Parfois, l'alerte apparaît dans le navigateur. Parfois, l'appel arrive après une recherche sur Internet. Parfois, la personne pense avoir trouvé le bon numéro parce que la page semblait professionnelle. Ce qui compte, ce sont les signaux de méthode.

  • Une fenêtre dit que votre ordinateur est bloqué et vous impose un numéro à appeler.
  • La personne au téléphone cite Microsoft, Windows, Apple, Google ou un antivirus sans que vous ayez ouvert un dossier officiel.
  • On vous demande d'installer un outil de prise en main à distance.
  • On vous interdit de raccrocher, de redémarrer ou d'appeler un proche.
  • On vous demande un code reçu par SMS, mail ou notification bancaire.
  • On vous parle de carte cadeau, de carte bancaire, d'abonnement de sécurité ou de remboursement à valider.
  • On vous dit que l'argent doit être déplacé pour être protégé.

Un seul de ces signaux suffit à arrêter l'échange. Vous n'avez pas besoin d'être certain que c'est une arnaque. Vous avez seulement besoin de reprendre la vérification hors de l'appel.

Ce que disent les sources officielles

Cybermalveillance.gouv.fr explique que l'arnaque au faux support technique vise à faire croire à un problème grave sur l'ordinateur, afin de pousser la victime à payer un faux dépannage ou à acheter des logiciels inutiles, voire dangereux. Le site rappelle aussi que le prétendu support peut utiliser des noms connus pour paraître officiel.

Le service 17Cyber, proposé par la Police nationale, la Gendarmerie nationale et Cybermalveillance.gouv.fr, sert à obtenir un diagnostic en ligne quand on pense être victime d'une cybermalveillance. Il peut aider à qualifier le problème, à recevoir des conseils et, selon la situation, à être orienté vers le bon interlocuteur.

Pour les conséquences financières, Service-Public indique que les escroqueries sur Internet peuvent relever de THESEE, le service de plainte en ligne dédié aux e-escroqueries, quand les conditions sont réunies. Pour un paiement par carte non autorisé, l'article L133-18 du code monétaire et financier prévoit le remboursement par le prestataire de paiement dans les conditions prévues par la loi. Il faut donc prévenir la banque vite, contester clairement l'opération et garder une trace écrite.

Si vous avez seulement appelé

Si vous avez appelé le numéro mais que vous n'avez rien installé, rien payé et transmis aucun code, le risque est plus limité. Il reste utile de noter le numéro appelé, l'heure, le site ou la fenêtre qui vous a poussé à appeler, et les mots utilisés par l'interlocuteur. Ces détails peuvent servir si le même numéro revient dans d'autres signalements.

Fermez le navigateur. Si la fenêtre revient, redémarrez l'ordinateur. Ne restaurez pas la session si le navigateur vous le propose. Ouvrez ensuite votre navigateur sans reprendre les onglets précédents. Si le blocage persiste, demandez de l'aide à une personne de confiance ou passez par 17Cyber pour être orienté.

Ne culpabilisez pas. Ces pages sont faites pour provoquer une réaction immédiate. Elles imitent les codes des alertes de sécurité, affichent parfois des logos connus et utilisent des sons ou des messages répétitifs. Le fait d'avoir appelé ne dit rien de votre prudence. Cela dit seulement que le piège a été conçu pour être pris au sérieux.

Si vous avez partagé l'écran ou installé un outil

Là, il faut agir comme si l'ordinateur n'était plus fiable jusqu'à vérification. Coupez Internet sur l'appareil. Si vous ne savez pas où cliquer, éteignez-le. Depuis un autre appareil, changez les mots de passe importants. Commencez par la messagerie, parce qu'elle sert souvent à réinitialiser tous les autres comptes.

Prévenez votre banque si vous avez ouvert votre espace bancaire, saisi une carte, transmis un code ou vu une opération apparaître. Demandez le blocage de la carte si elle a été utilisée. Demandez aussi comment contester une opération non autorisée si un débit part ou si un bénéficiaire a été ajouté.

Faites ensuite vérifier l'ordinateur. L'objectif est de supprimer l'outil de prise en main à distance, de chercher un logiciel installé pendant l'appel et de contrôler les réglages sensibles. Si vous ne connaissez personne capable de le faire proprement, 17Cyber peut orienter vers une assistance. Évitez de retourner sur le site ou le numéro qui vous a piégé pour demander une annulation.

Les preuves à garder avant de nettoyer trop vite

Avant d'effacer les traces, gardez ce qui peut servir. Prenez une photo de la fenêtre d'alerte si elle est encore visible. Notez le numéro appelé ou reçu. Gardez les SMS, les mails, les factures, les reçus de paiement, les noms d'applications installées et les horaires. Si une opération bancaire apparaît, téléchargez ou capturez le détail depuis l'application officielle de la banque.

Ces preuves ne servent pas à vous mettre en difficulté. Elles servent à expliquer la chronologie. Elles montrent que vous avez été guidé par une tromperie. Elles aident aussi la banque, la police ou la gendarmerie à comprendre ce qui s'est passé. Si vous déposez plainte en ligne ou au commissariat, une chronologie claire vaut souvent mieux qu'un long récit écrit sous le choc.

Évitez de publier les captures telles quelles sur les réseaux sociaux si elles contiennent votre nom, votre numéro de téléphone, votre adresse mail ou un identifiant bancaire. Vous pouvez alerter vos proches sans exposer vos données personnelles.

Le réflexe à transmettre à un proche

Le meilleur conseil tient en une phrase : aucun inconnu au téléphone ne doit voir votre écran ni recevoir un code. Cette phrase protège mieux qu'une longue liste de marques à retenir. Les escrocs changent de nom, de logo, de numéro et de scénario. Le partage d'écran et le code restent des moments de bascule.

Si vous aidez un proche, évitez les reproches. Dites plutôt : « Tu as bien fait de m'en parler maintenant ». Une personne qui a honte risque de cacher la suite, alors qu'il faut agir vite. Demandez ce qui a été installé, ce qui a été payé, quels codes ont été donnés et quels comptes ont été ouverts. Faites-le dans l'ordre, calmement.

Si rien n'est parti, l'objectif est de sécuriser. Si de l'argent est parti, l'objectif est de bloquer, contester et garder les preuves. Dans les deux cas, le plus important est de sortir du tête-à-tête avec l'escroc.

Vous avez reçu une alerte de faux support ou partagé votre écran ? Déposez un signalement sur Stop Arnaque avec le numéro, le site, la date et ce qui vous a été demandé. Vos informations aident à repérer les campagnes qui se répètent et à prévenir d'autres personnes.

À retenir

  • Un vrai support technique ne vous demande pas un code reçu par SMS pour bloquer une fraude.
  • Si quelqu'un prend la main sur votre écran, partez du principe qu'il voit ce que vous voyez et peut vous guider vers une erreur.
  • Après un partage d'écran suspect, coupez Internet, changez vos mots de passe depuis un autre appareil et faites vérifier l'ordinateur.
  • Si un paiement est parti, contactez la banque sans attendre et gardez les preuves avant de déposer plainte.

Questions fréquentes

Que faire si j'ai donné un code à un faux support technique ?

Appelez immédiatement le vrai service concerné, surtout votre banque si le code pouvait valider un paiement ou une connexion. Ne rappelez pas le numéro fourni par l'escroc. Coupez la connexion de l'ordinateur, changez vos mots de passe depuis un autre appareil et gardez les captures, numéros, reçus et heures d'appel.

Un vrai support Microsoft peut-il bloquer mon ordinateur à distance ?

Un message qui bloque l'écran et vous pousse à appeler un numéro n'est pas une preuve d'intervention officielle. Cybermalveillance.gouv.fr décrit ce scénario comme un mode opératoire classique du faux support technique. Fermez la fenêtre, redémarrez si besoin, puis cherchez de l'aide depuis un canal officiel.

Faut-il porter plainte après une arnaque au faux support technique ?

Oui si vous avez payé, communiqué des données sensibles, subi une prise de contrôle ou constaté une opération bancaire. Pour une escroquerie en ligne, Service-Public oriente vers THESEE quand les conditions sont réunies. Si vous hésitez, 17Cyber aide d'abord à qualifier le problème et à choisir la suite.

Ma banque doit-elle rembourser un paiement non autorisé ?

L'article L133-18 du code monétaire et financier prévoit le remboursement d'une opération non autorisée signalée dans les conditions prévues par la loi, sauf situation particulière comme un soupçon de fraude communiqué par écrit. Prévenez la banque vite et demandez une réponse écrite si elle refuse.

Dois-je faire nettoyer mon ordinateur après un partage d'écran ?

Oui, c'est prudent. Un faux technicien peut avoir installé un outil d'accès à distance ou modifié des réglages. Déconnectez l'appareil, n'y saisissez plus de mot de passe, puis faites-le vérifier par une personne de confiance ou un professionnel. 17Cyber peut orienter vers une assistance adaptée.

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