Faux support technique : que faire si vous avez partagé votre écran
Une arnaque au faux support technique utilise la peur pour vous faire appeler un faux technicien. Si vous avez partagé votre écran, coupez la session, désinstallez le logiciel de prise en main à distance et changez vos mots de passe. Si vous avez ouvert votre banque en ligne ou payé, contactez votre banque par un canal officiel. Gardez les preuves et déposez plainte si une fraude a eu lieu.
Quand l'écran se bloque, le piège commence déjà
Une arnaque au faux support technique ne commence pas toujours par un appel. Elle commence souvent par une fenêtre qui prend toute la place sur l'écran. Le message parle d'un virus, d'un compte bloqué, d'une perte de données ou d'un risque immédiat. Il affiche parfois un logo connu et un numéro à appeler. Tout est fait pour donner l'impression que l'ordinateur ne répond plus et que le problème vient du système lui-même.
Cybermalveillance.gouv.fr décrit ce mécanisme comme une tentative d'effrayer la victime pour la pousser à contacter un prétendu support technique officiel. Le site précise que cette page n'est pas une alerte du système ou de l'antivirus, mais une page Internet frauduleuse agressive. C'est un point essentiel : le danger ne vient pas seulement du message affiché. Il vient surtout de ce que l'escroc essaie de vous faire faire ensuite.
Le partage d'écran change la nature du risque
Quand vous appelez le numéro affiché, le faux technicien cherche souvent à installer un logiciel de prise en main à distance. Il peut citer un outil connu, comme AnyDesk, TeamViewer ou un autre programme de contrôle à distance. Ces outils ne sont pas frauduleux en eux-mêmes. Ils deviennent dangereux quand une personne inconnue vous pousse à les installer et à lui donner la main sur votre appareil.
À partir de ce moment, l'escroc ne voit plus seulement ce que vous lui dites. Il peut observer vos fenêtres, vos notifications, vos onglets ouverts et parfois guider vos clics. S'il vous demande d'ouvrir votre banque en ligne, votre messagerie ou un espace administratif, il peut voir des informations sensibles. Cybermalveillance.gouv.fr recommande clairement de ne pas donner l'accès à son ordinateur à distance à la suite d'une sollicitation non initiée par vous-même, sauf si l'opérateur a été authentifié avec certitude.
Pourquoi on obéit même quand quelque chose cloche
Il ne faut pas juger une personne qui a suivi les consignes. Le faux support technique fonctionne parce qu'il combine trois pressions : la peur, l'urgence et le vocabulaire professionnel. La victime pense qu'elle doit agir vite pour éviter une perte de fichiers, un piratage ou une facture plus importante. L'escroc, lui, parle calmement. Il donne des étapes précises. Il peut faire semblant de lancer des analyses ou de trouver des lignes inquiétantes dans l'ordinateur.
Cette mise en scène donne l'impression que la personne au téléphone maîtrise la situation. Elle inverse aussi la responsabilité. La victime ne se sent plus en train de donner accès à son appareil. Elle a l'impression de se faire aider. C'est exactement ce que cherche l'escroc. Plus la conversation dure, plus il devient difficile de raccrocher, parce que chaque étape déjà acceptée rend la suivante plus normale.
Le vrai objectif peut être bancaire
Au départ, le faux support technique peut réclamer quelques centaines d'euros pour un dépannage fictif ou un abonnement inutile. Mais Cybermalveillance.gouv.fr signale que certains faux techniciens vont plus loin. Ils peuvent convaincre la victime d'accéder à ses comptes bancaires sous prétexte que ceux-ci seraient compromis, puis la manipuler pour valider des opérations.
La Banque de France rappelle de son côté qu'une banque ne demande jamais de communiquer un code, un mot de passe ou un identifiant, ni d'effectuer ou de valider une opération pour bloquer une fraude. Cette règle est simple et protège beaucoup de situations. Si une personne au téléphone vous demande d'ouvrir votre banque en ligne, de valider une notification, de communiquer un code ou de déplacer votre argent, il faut arrêter l'échange. Même si elle connaît votre nom, votre banque ou une partie de vos informations.
Si vous êtes encore en ligne avec le faux support
La première action est de couper la conversation. Vous n'avez pas à vous justifier. Vous pouvez raccrocher. Si la personne a encore la main sur votre ordinateur, débranchez Internet en coupant le Wi-Fi ou en retirant le câble réseau si vous en avez un. Si vous n'y arrivez pas, éteignez l'appareil. Ce geste peut sembler brutal, mais il est préférable à une prise de contrôle qui continue.
Ne payez rien. Ne saisissez pas votre carte. Ne montrez pas votre application bancaire. Ne confirmez aucune opération. Si une fenêtre bloque votre navigateur, Cybermalveillance.gouv.fr conseille notamment d'essayer la touche Échap ou F11 pour quitter un mode plein écran, puis de redémarrer l'appareil si nécessaire. À ce stade, le but n'est pas de tout réparer. Le but est de reprendre le contrôle et d'empêcher l'escroc de voir plus d'informations.
Si vous avez déjà partagé votre écran
Commencez par noter ce qui s'est passé tant que vos souvenirs sont frais : heure de l'appel, numéro affiché, nom prétendu du service, logiciel installé, paiement demandé, paiement réalisé ou non, comptes ouverts pendant la session. Photographiez l'écran si une alerte est encore visible. Gardez les mails, SMS, factures, contrats ou liens reçus. Ces preuves peuvent servir pour votre banque, votre plainte ou un signalement.
Ensuite, désinstallez le logiciel de prise en main à distance. Si vous ne savez pas le faire, demandez de l'aide à une personne de confiance ou à un professionnel. Cybermalveillance.gouv.fr conseille aussi de changer tous les mots de passe après une prise de contrôle. Commencez par la messagerie principale, car elle sert souvent à réinitialiser les autres comptes. Changez ensuite les mots de passe bancaires, administratifs, professionnels et des services où des documents importants sont stockés.
Si vous avez ouvert votre banque en ligne
Contactez votre banque par un canal officiel. Utilisez le numéro au dos de votre carte, l'application bancaire ou le site tapé vous-même dans le navigateur. Ne rappelez pas un numéro donné par l'escroc. Expliquez clairement que vous avez été guidé par un faux support technique et qu'une prise en main à distance a pu avoir lieu. Demandez les mesures de sécurisation utiles : opposition carte, changement d'identifiants, surveillance des opérations, contestation des paiements suspects.
Si vous constatez une opération frauduleuse, signalez-la vite. La Banque de France indique que les victimes doivent contacter rapidement leur banque pour contester les opérations de paiement frauduleuses. Dans certaines situations, une plainte ou un récépissé peut être demandé pour appuyer le dossier. Ne laissez pas la honte retarder l'appel. Les escrocs comptent justement sur ce moment de silence.
Les signes qui doivent faire arrêter immédiatement
- Une fenêtre affirme que votre ordinateur est infecté et affiche un numéro à appeler.
- La personne au téléphone vous demande d'installer un logiciel de contrôle à distance.
- Elle vous presse d'agir vite pour éviter une perte de données ou un blocage.
- Elle vous demande d'ouvrir votre banque en ligne pendant le partage d'écran.
- Elle réclame un paiement par carte, virement, cryptomonnaie ou carte cadeau.
- Elle vous menace si vous refusez de continuer ou de payer.
Un vrai support peut vous aider, mais il ne doit pas apparaître par surprise dans une fenêtre anxiogène. Microsoft, cité dans une communication relayée avec Cybermalveillance.gouv.fr, rappelle notamment qu'un support légitime ne vous appelle pas de manière non sollicitée pour demander des informations financières ou personnelles. Une alerte avec un numéro de téléphone doit donc être traitée comme un signal de danger, pas comme une solution.
Où demander de l'aide et quoi signaler
Service-Public.fr renvoie les victimes d'une arnaque au faux support technique vers les recommandations de Cybermalveillance.gouv.fr. Vous pouvez aussi utiliser 17Cyber pour être orienté selon votre situation. Si de l'argent a été perdu, déposez plainte auprès d'un commissariat, d'une brigade de gendarmerie ou par courrier au procureur de la République. Apportez le plus d'éléments possible : numéro appelé, URL de la page, captures, preuve du paiement, nom du logiciel de contrôle à distance et horaire de l'intervention.
Si vous avez transmis des données personnelles ou ouvert des comptes sensibles pendant le partage d'écran, surveillez aussi les tentatives d'usurpation. La CNIL rappelle que l'usurpation d'identité peut commencer par la récupération d'informations personnelles via un faux site ou un message usurpant un organisme connu. Là encore, mieux vaut agir tôt : mots de passe, banque, messagerie, comptes administratifs, puis dépôt de plainte si nécessaire.
Le réflexe à retenir pour la prochaine fois
La règle la plus simple est celle-ci : aucun inconnu ne doit prendre la main sur votre écran parce qu'une fenêtre vous l'a demandé. Si vous avez un doute, coupez tout et cherchez de l'aide par un canal indépendant. Le vrai support d'un service se contacte depuis son site officiel, son application ou une facture déjà connue. Il ne se prouve pas par une sirène, une fenêtre rouge ou un numéro affiché en urgence.
Si vous avez déjà été piégé, vous n'êtes pas responsable de la manipulation. Les escrocs utilisent des méthodes professionnelles. Votre priorité n'est pas de refaire le film. Votre priorité est de reprendre le contrôle, sécuriser vos comptes, conserver les preuves et demander de l'aide. Chaque minute passée à agir dans cet ordre peut limiter les dégâts.
Vous avez reçu une fausse alerte ou parlé à un faux support ? Déposez un signalement sur Stop Arnaque avec le numéro appelé, le texte affiché, le nom du logiciel demandé et la date. Même sans perte d'argent, votre signalement peut aider une autre personne à reconnaître le piège plus vite.
À retenir
- Une alerte qui bloque l'écran et affiche un numéro n'est pas une preuve de support officiel.
- Après un partage d'écran suspect, coupez Internet, désinstallez l'outil à distance et changez vos mots de passe.
- Si votre banque en ligne a été ouverte, contactez la banque par l'application ou le numéro officiel, jamais par le numéro donné.
- Gardez les preuves : captures, numéro appelé, logiciel installé, horaires, paiements et messages reçus.
Questions fréquentes
Que faire si mon ordinateur affiche une alerte avec un numéro à appeler ?
N'appelez pas le numéro affiché. Essayez de quitter la fenêtre avec Échap ou F11, puis redémarrez l'appareil si besoin. Si l'alerte revient, demandez de l'aide par un canal indépendant, pas par le numéro de la fenêtre.
Est-ce grave d'avoir installé AnyDesk ou TeamViewer à la demande d'un inconnu ?
Ces outils peuvent être légitimes, mais ils deviennent dangereux si une personne inconnue vous a poussé à les installer. Désinstallez-les, changez vos mots de passe et vérifiez vos comptes sensibles, surtout votre messagerie et votre banque.
Dois-je appeler ma banque après un faux support technique ?
Oui si vous avez payé, saisi votre carte, ouvert votre banque en ligne ou montré des informations bancaires pendant le partage d'écran. Utilisez le numéro officiel ou l'application bancaire, et expliquez qu'une prise en main à distance a pu avoir lieu.
Faut-il porter plainte après une arnaque au faux support technique ?
Si vous avez perdu de l'argent, transmis des données sensibles ou subi une prise de contrôle, il est conseillé de déposer plainte. Gardez les captures, numéros, liens, factures, horaires et preuves de paiement pour faciliter la démarche.
Comment savoir si le faux technicien a encore accès à mon ordinateur ?
Vérifiez les logiciels récemment installés, supprimez les outils de contrôle à distance que vous n'utilisez pas et lancez une analyse antivirus. En cas de doute, faites examiner l'appareil par une personne de confiance ou un professionnel référencé.