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Faux RIB : le contre-appel qui peut sauver votre virement bancaire

Par Ethan, Analyste cyber-fraude · spécialiste ingénierie sociale 9 min de lecture
Personne vérifiant un paiement en ligne sur un ordinateur portable avec une carte bancaire à côté
En bref

Un faux RIB ne ressemble pas toujours à une arnaque visible. Il peut arriver dans une vraie conversation, avec une vraie facture, après l'usurpation ou le piratage d'une messagerie. Avant tout virement vers un RIB nouveau ou modifié, appelez le créancier avec un numéro que vous possédiez déjà. Si l'argent est parti, alertez la banque tout de suite, demandez le blocage ou le retour des fonds, conservez les preuves et déposez plainte.

Le signalement du 24 août : un acompte, un RIB, plus de livraison

Le 24 août 2026, nous avons reçu un signalement qui résume très bien le piège. Une personne cherchait du bois. Le vendeur demandait un acompte de 50 % de la commande par virement, avec un RIB joint au message. Une fois le paiement réalisé, la livraison annoncée n'a pas eu lieu.

Je ne peux pas affirmer, à partir de ce seul signalement, que le RIB avait été falsifié dans une vraie conversation. Je peux en revanche dire ce que nous voyons souvent dans ce type de dossier : la victime ne paie pas un inconnu abstrait. Elle paie parce qu'une facture, un échange ou une promesse de livraison lui paraît cohérent. C'est précisément ce qui rend l'arnaque efficace.

Il faut le rappeler dès le début : si cela vous arrive, ce n'est pas une question d'intelligence. Un virement demandé au bon moment, pour une commande attendue, avec un document qui ressemble à une facture, peut tromper quelqu'un de très prudent. Les escrocs ne cherchent pas seulement à voler un RIB. Ils cherchent à s'insérer dans un moment où vous pensez régler quelque chose de normal.

La variante la plus dangereuse : la vraie facture avec le mauvais compte

Cybermalveillance.gouv.fr décrit clairement l'arnaque au faux RIB. L'escroc usurpe l'identité d'un créancier avec lequel la victime est déjà en relation, puis l'incite à réaliser un virement vers un compte qu'il contrôle. Le créancier peut être un artisan, un notaire, un avocat, un propriétaire ou un bailleur. La fiche officielle, publiée le 25 mai 2023 et mise à jour le 7 mai 2026 selon l'index public du site, insiste sur un point important : le message peut arriver au moment d'une transaction réelle.

Cette variante est plus difficile à repérer qu'un faux site grossier. Le devis existe. Le rendez-vous a peut-être eu lieu. Le montant est plausible. Le message peut même reprendre une conversation en cours. Si une messagerie a été piratée, l'escroc peut retrouver la facture, modifier le RIB, puis renvoyer le document avec une phrase très simple : « merci d'utiliser ce nouveau compte ».

Dans ce scénario, les fautes d'orthographe et les logos mal copiés ne sont plus de bons critères. Une facture propre peut contenir un compte frauduleux. Le test utile n'est donc pas esthétique. Le test utile consiste à vérifier le changement de coordonnées par un autre canal.

Le contre-appel : une vérification simple, mais pas n'importe comment

Le mot peut sembler technique, mais le geste est très simple. Un contre-appel consiste à rappeler la personne ou l'entreprise par un numéro que vous possédiez déjà avant de recevoir la demande. Vous n'utilisez pas le numéro écrit dans le mail suspect. Vous n'utilisez pas le numéro ajouté sur la nouvelle facture. Vous reprenez un ancien devis, un contrat, le site officiel que vous tapez vous-même, ou un contact déjà enregistré dans votre téléphone.

Cybermalveillance.gouv.fr recommande ce réflexe pour toute demande de virement vers un nouveau RIB. La phrase à poser est courte : « Pouvez-vous me confirmer que vous venez de m'envoyer ce RIB et me relire les quatre derniers caractères de l'IBAN ? » Vous pouvez aussi demander le nom exact du titulaire du compte et le motif du paiement.

Ce contrôle ne prend pas trois minutes. Il peut pourtant éviter un virement perdu. Il casse le mécanisme principal de l'arnaque : l'escroc contrôle le mail, mais il ne contrôle pas forcément le téléphone habituel du vrai créancier. S'il vous presse, s'il vous dit que l'appel est inutile, ou s'il vous donne un nouveau numéro à appeler, c'est un signal d'arrêt.

Pourquoi le piège fonctionne aussi bien

Un faux RIB joue sur une faiblesse très humaine : nous vérifions le montant, pas toujours le compte. Quand une facture indique 840 euros, nous regardons si le prix correspond au devis. Nous vérifions parfois le nom de l'entreprise. Puis nous copions l'IBAN. L'IBAN lui-même paraît être une donnée administrative, froide, presque impossible à juger.

L'escroc ajoute souvent un deuxième ressort : l'urgence douce. Il ne dit pas toujours « payez dans l'heure ». Il écrit plutôt que la livraison partira après réception de l'acompte, que le dossier doit être soldé avant la signature, ou que l'ancien compte n'est plus utilisé. Ce n'est pas violent. C'est crédible. C'est pour cela que le piège marche.

ABE Info Service, le portail porté par la Banque de France, l'ACPR et l'AMF, rappelle que les escroqueries financières ont souvent un objectif commun : vous conduire à verser de l'argent sur un compte frauduleux. Le portail indique aussi qu'un compte frauduleux peut être ouvert auprès d'une banque étrangère, d'une banque en ligne française, ou même dans un établissement qui rend l'histoire plausible. Un IBAN français ne suffit donc pas à rassurer.

Les signaux qui doivent vous faire arrêter le virement

  • Un RIB nouveau arrive juste avant le paiement, alors que vous aviez déjà un autre compte dans les échanges précédents.
  • Le titulaire du compte ne correspond pas clairement au nom du créancier, de l'entreprise ou du professionnel attendu.
  • Le message vous presse avec une livraison, une remise, une signature ou une pénalité.
  • Le canal change : un nouveau mail, un nouveau numéro ou une messagerie différente apparaît au moment de payer.
  • On vous déconseille d'appeler, ou l'on vous donne un numéro « direct » que vous ne connaissiez pas avant.
  • Le RIB est dans une pièce jointe modifiée, alors que le reste de la facture ressemble à un document déjà vu.
  • Le paiement est fractionné d'une manière étrange, par exemple un acompte urgent puis un solde promis à la livraison.

Un seul de ces signaux ne prouve pas toujours l'arnaque. Il suffit pourtant à justifier une pause. La bonne règle est simple : aucun virement vers un RIB nouveau sans confirmation indépendante.

Ce qu'il faut vérifier avant de cliquer sur « valider »

Avant un virement, prenez une minute et lisez trois éléments. Le premier est le titulaire du compte. Il doit être cohérent avec la personne ou l'entreprise que vous payez. Le deuxième est l'IBAN. Vous pouvez vérifier le pays indiqué par les deux premières lettres et comparer avec ce que vous savez du créancier. Le troisième est le canal de réception. Un RIB reçu par mail après un échange normal mérite une confirmation, même si tout semble propre.

Il ne faut pas transformer cette vérification en enquête compliquée. Vous n'avez pas besoin de devenir spécialiste bancaire. Vous avez seulement besoin d'une preuve indépendante. Le bon réflexe tient en une phrase : « Je rappelle avec un numéro que je connais déjà. »

Si vous payez un artisan, appelez le numéro du devis initial. Si vous payez un propriétaire, utilisez le numéro qui figure sur le bail ou dans vos anciens échanges. Si vous payez une entreprise, cherchez le standard officiel en tapant vous-même son adresse dans le navigateur. Ne cliquez pas sur le lien du mail pour retrouver le site. Cette petite discipline évite de rester dans l'environnement contrôlé par l'escroc.

Si le virement est déjà parti, l'ordre des démarches compte

D'abord, appelez votre banque immédiatement. Cybermalveillance.gouv.fr conseille de tenter la suspension du virement s'il n'est pas encore exécuté. Si l'argent est déjà parti, demandez le retour des fonds. Certaines banques parlent de rappel de fonds. Le résultat n'est pas garanti, mais attendre réduit vos chances.

Ensuite, prévenez le vrai créancier dont l'identité a été utilisée. S'il a subi un piratage de messagerie, il doit changer ses mots de passe, prévenir ses autres clients et déposer plainte. Ce n'est pas à vous de porter cette partie seul, mais votre alerte peut éviter d'autres victimes.

Troisième étape : gardez les preuves avant de nettoyer votre boîte mail. Conservez les messages complets, les factures, l'IBAN, les dates, les heures d'appel, les captures d'écran et le relevé qui montre le virement. Cybermalveillance.gouv.fr rappelle que ces éléments peuvent servir dans les procédures ultérieures. Ne vous contentez pas d'une capture floue. Exportez ou imprimez les mails si vous le pouvez.

Quel recours utiliser sans perdre de temps

Pour une fraude au faux RIB, le premier interlocuteur reste la banque, parce que la fenêtre de blocage ou de retour des fonds peut se refermer vite. Déposez ensuite plainte avec les preuves. Cybermalveillance.gouv.fr indique que la plainte peut être déposée au commissariat, à la gendarmerie, par courrier au procureur de la République, et dans certains cas en ligne via THESEE lorsqu'il y a des éléments de piratage de messagerie ou d'escroquerie en ligne.

Si une carte bancaire est aussi concernée, Service-Public rappelle que l'opposition peut être faite auprès de la banque ou via le serveur interbancaire d'opposition. Pour une opération par carte que vous n'avez pas autorisée, l'article L133-18 du code monétaire et financier peut être invoqué dans la demande de remboursement. Attention : un virement que vous avez validé vous-même n'est pas traité de la même manière qu'une opération non autorisée. Il faut donc expliquer précisément le scénario.

SignalConso est utile si vous avez un litige avec une entreprise identifiée. Le 33700 sert au signalement des SMS frauduleux. 17Cyber peut vous orienter si vous ne savez pas quel canal choisir. Pharos, en revanche, n'est pas le bon guichet pour une escroquerie classique : il concerne les contenus illicites en ligne.

La règle à transmettre à vos proches

Le faux RIB est une arnaque discrète. Elle ne commence pas toujours par une menace. Elle peut ressembler à une facture banale, à un acompte attendu, à une relance polie. C'est pour cela que la règle doit être facile à retenir et facile à répéter.

La voici : nouveau RIB, contre-appel obligatoire. Pas un mail de réponse. Pas un SMS envoyé au numéro fourni dans la relance. Pas un clic sur un lien. Un appel vers un contact que vous aviez déjà, ou vers un numéro officiel retrouvé par vous-même.

Si la personne en face est honnête, elle comprendra. Un artisan sérieux, un notaire, un bailleur ou une entreprise n'a aucune raison de vous reprocher une vérification. Si l'interlocuteur s'agace, insiste ou tente de vous empêcher de raccrocher, vous avez votre réponse. Vous n'êtes pas en train de faire perdre du temps. Vous êtes en train de protéger votre argent.

Vérifier avant de payer

Un RIB ou un site a déjà été signalé ? Vérifiez-le avant le virement

Un faux compte, un faux site ou un numéro d'arnaque sert souvent plusieurs fois avant d'être coupé. Sur Stop Arnaque, chaque signalement rend le suivant repérable : vérifier une adresse, un numéro ou un domaine prend dix secondes, et notre extension navigateur affiche une alerte dès que vous arrivez sur une page déjà dénoncée par d'autres.

L'alerte sur les sites signalés est gratuite. La protection étendue · analyse de l'expéditeur des e-mails, déjà active sur Gmail · est incluse dans le Premium · 2,99 €/mois (facturé à l'année) ou 5,99 €/mois sans engagement.

Vous avez reçu un RIB suspect, une facture modifiée ou une demande de virement étrange ? Signalez-le en 2 minutes · c'est ce qui aide les suivants à vérifier avant de payer.

À retenir

  • Un RIB nouveau ou modifié doit toujours être confirmé par contre-appel sur un numéro déjà connu, jamais sur le numéro indiqué dans le mail.
  • Une vraie facture peut contenir un faux RIB si une messagerie a été piratée ou si un créancier est usurpé.
  • Après un virement frauduleux, appelez la banque immédiatement pour tenter un blocage ou un retour des fonds, sans attendre la plainte.
  • Gardez les mails complets, factures, IBAN, preuves d'appel et relevés : ces éléments aideront la banque et les enquêteurs.

Questions fréquentes

Comment vérifier qu'un RIB est vrai avant un virement ?

Appelez le créancier avec un numéro que vous aviez déjà avant de recevoir le RIB. Ne répondez pas au mail et n'utilisez pas le numéro ajouté dans le message. Demandez une confirmation orale de l'IBAN, du titulaire et du motif du paiement. En cas de doute, reportez le virement.

Ma banque peut-elle récupérer un virement envoyé vers un faux RIB ?

Elle peut tenter de bloquer le virement s'il n'est pas encore exécuté ou demander un retour des fonds. Cybermalveillance.gouv.fr recommande d'alerter la banque immédiatement. Le résultat n'est pas garanti, surtout si le virement a déjà été crédité et retiré. La rapidité compte beaucoup.

Un IBAN français prouve-t-il que le paiement est sûr ?

Non. Un IBAN français indique seulement une structure de compte, pas l'honnêteté du bénéficiaire. ABE Info Service rappelle que des comptes frauduleux peuvent être ouverts dans des banques en ligne françaises ou à l'étranger. Le point important reste la cohérence entre le créancier, le titulaire et le canal de confirmation.

Dois-je déposer plainte après une fraude au faux RIB ?

Oui. Cybermalveillance.gouv.fr conseille de déposer plainte et de fournir toutes les preuves disponibles. Si l'affaire vient d'un piratage de messagerie ou d'une escroquerie en ligne, THESEE peut orienter la démarche. Votre banque peut aussi demander une copie du dépôt de plainte pour instruire le dossier.

SignalConso sert-il pour une fraude au faux RIB ?

SignalConso est utile pour un litige avec une entreprise identifiée. Si le paiement est parti vers un escroc qui usurpe une entreprise, la priorité est la banque, la conservation des preuves et le dépôt de plainte. En cas de doute sur le bon service, 17Cyber peut orienter la victime.

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